Les réfugiés de Malte lancent des SOS à l’Europe
22 Apr 2010 par Elisabeth Cosimi

Depuis 2004 Malte fait partie de l’Union Européenne.

Malte, avril 2010 Très vite, cette île minuscule va se retrouver débordée et incapable de gérer l’arrivée des migrants d’Afrique subsaharienne qui embarquent dans des bateaux de fortune depuis la Libye pour rejoindre l’Italie et par la suite, les pays de l’Union européenne.

A la recherche d’une vie meilleure, des centaines d’hommes et de femmes fuyant leur pays dérivent vers les eaux territoriales maltaises, croyant aborder en Italie.
Cette méprise leur sera fatale: à Malte l’erreur est inhumaine pour les demandeurs d’asile.
C’est par une période de détention pouvant durer jusqu’à un an et demi que ces malheureux commencent une nouvelle vie en Europe: le temps nécessaire pour examiner leur cas …
Ensuite la plupart passeront une partie de leur existence dans des camps ouverts.

Des conditions de détention administrative au-delà du désespoir

Les centres d’accueil surchargés explosent et les problèmes liés à la promiscuité atteignent des niveaux inquiétants.
A Hal Far, une zone située au centre de l’île et éloignée de la Valette 2000 personnes environ doivent vivre dans des conditions inimaginables . Le camp nommé le Hangar est le plus redoutable. Actuellement 700 demandeurs d’asile y séjournent dans un état de total abandon
La rage et le désespoir se lisent sur de nombreux visages.

Confronté au “problème humanitaire” des migrants arraisonnés à Malte, l’Union européenne semble avoir agi symboliquement.

En 2009, des projets d’accueil et d’intégration pour demandeurs d’asile ont été financés à hauteur de 800 000 euros.
Pourtant, le sort des supposés bénéficiaires ne semble pas s’être amélioré .
Depuis 2005, cette population toujours aussi indésirable aux yeux des maltais est maintenue dans ces camps qui sont en fait de véritables prisons à ciel ouvert, hors de la ville et des lieux touristiques. Malte compte en effet toutes sortes “d’open Centers “qui sont en fait de misérables ghettos où les migrants sont parqués comme des animaux sans aucune possibilité d’intégration.

Pour les Africains de l’Est, il existe toutefois une lueur d’espoir: le programme de relocalisation des personnes sous protection subsidiaire initié l’année dernière par un certain nombre de pays européens, dont la France, redonne le sourire à quelques uns d’entre eux.

Les africains de l’Ouest représentent environ 18% de la population immigrée clandestinement sur l’île. Ces francophones issus de pays qui ne sont pas en guerre sont considérés comme n’étant pas en danger.
Ils peuvent donc languir et bien souvent mourir tranquillement à Malte, leur cas ne présentant aucune urgence aux yeux des autorités.
Après avoir essuyé une peine de un an et demi de détention, un rejet de la commission des réfugiés, tenté leur chance dans un autre pays de l’Union européenne qui les renverra à Malte après avoir relevé leurs empreintes, privés de tout espoir, nombreux sont ceux qui implorent le gouvernement maltais de les laisser repartir dans leur pays d’origine.
Mais l’autorité administrative ne peut pas les expulser sans accord préalable de réadmission avec ces pays.

Nul ne peut être considéré comme responsable de ces vies humaines gâchées, ce sont les dommages collatéraux de “Dublin II”

Ici tout le monde attend le jour où l’Europe viendra tirer les réfugiés du “trou” maltais.

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